L’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) de Tunisie a franchi une étape majeure : le 28 octobre 2025, elle a obtenu officiellement son accréditation auprès du Fonds Vert pour le Climat (Green Climate Fund, GCF). Cette reconnaissance internationale a été annoncée lors de la 43ᵉ réunion du Conseil du GCF, tenue du 27 au 30 octobre à Songdo (Corée du Sud). Avec cette accréditation, l’APIA rejoint les 158 entités accréditées à ce jour, dont 106 bénéficient d’un accès direct aux financements du GCF. L’institution est désormais habilitée à soumettre des propositions de projets, superviser les financements et assurer le suivi de leur mise en œuvre.
Le Fonds Vert pour le Climat (GCF) est le principal mécanisme financier international dédié à soutenir les pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique. Créé dans le cadre de la Convention, cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le GCF vise à financer des projets d’atténuation (réduire les émissions de gaz à effet de serre) et d’adaptation (renforcer la résilience face aux impacts climatiques) dans les pays les plus vulnérables. Les financements peuvent prendre diverses formes : subventions, prêts, apports en capital, garanties. Pour devenir entité accréditée, une organisation doit remplir des critères exigeants : présenter des projets concrets et bien structurés, adopter des standards rigoureux en matière de gestion financière, garanties environnementales et sociales, et promouvoir l’égalité de genre.
L’accréditation donne ainsi la capacité de proposer des programmes au GCF et de gérer directement les fonds, ce qui renforce l’ancrage local des projets climatiques.
Renforcement du rôle de l’APIA : En devenant entité accréditée du GCF, l’APIA gagne un pouvoir stratégique renforcé ; elle peut désormais mobiliser des financements internationaux pour des projets verts dans l’agriculture, sans passer systématiquement par des intermédiaires.
Capacité institutionnelle accrue : Dans le passé, l’APIA a bénéficié d’un appui technique (notamment de l’AFD) pour préparer son dossier d’accréditation, renforcer sa gouvernance et constituer une unité dédiée aux risques environnementaux et sociaux.
Alignement avec la stratégie climatique nationale : Cette accréditation inscrit l’APIA dans la dynamique du plan national d’adaptation au changement climatique (et des engagements tunisiens), renforçant son rôle dans la transition vers une agriculture résiliente.
Grâce au GCF, l’APIA pourra lancer des programmes d’investissement pour des pratiques agricoles durables (économies d’eau, agroécologie, gestion des sols, etc.). Cela pourrait signifier des subventions ou des prêts à taux avantageux pour les exploitants.
Résilience climatique accrue : Les projets financés pourraient viser à renforcer la résistance des fermes aux chocs climatiques sécheresse, inondations, dégradation des sols ce qui protégera les revenus des agriculteurs, surtout les petits exploitants.
Création d’opportunités locales : Des chaînes de valeur « vertes » pourraient être développées (production bio, valorisation des produits durables…), ouvrant des perspectives économiques nouvelles pour les zones rurales. Renforcement des capacités : Par l’intermédiaire de projets GCF, des formations techniques, des ateliers et un accompagnement pourraient être mis en place pour diffuser des pratiques durables et innovantes parmi les agriculteurs.
Transition vers une agriculture bas-carbone : L’accès direct au GCF peut accélérer la décarbonation du secteur agricole tunisien, en finançant des technologies ou des pratiques à faible émission de carbone.
Sécurité alimentaire : En améliorant la résilience des exploitations, cette accréditation peut contribuer à sécuriser la production agricole face à l’évolution climatique, ce qui est vital pour la souveraineté alimentaire tunisienne.
Développement rural inclusif : Le financement climatique peut favoriser les zones rurales moins développées, créer des emplois, réduire l’exode rural, et promouvoir une croissance durable et équitable.
L’APIA, désormais accréditée, peut attirer d’autres bailleurs internationaux, des partenariats public privé, et des co-financements, multipliant ainsi l’impact des projets.